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Haut-Marbuzet 1985  Un Château Haut-Marbuzet 1985, s'il vous plaît !
Depuis environ 20 ans, je suis fan des vins de Saint-Estèphe et des alentours. Cela n'étonnera pas ceux d'entre-vous qui ont déjà eu la chance d'apprécier, dans les meilleurs restaurants du pays, le Ferré du Château Ferré 2001 et 2003 que nous importons avec bonheur et fierté pour l'ensemble du Canada, en attendant les États-Unis dans un avenir proche.
Hier (mardi 11 décembre 2007), nous avons eu la chance d'être invités pour déguster le Château Haut-Marbuzet dans un millésime à part : 1985.
C'est un millésime que je connais très bien. Avec 1982, c'est celui qui a accompagné les premiers pas de mes papilles juvéniles. Mais n'y voyez certainement pas là les raisons de son originalité. Ce millésime se distingue par lui même dans la mémoire de l'amateur qui pourra retenir entre autres, son expression minérale unique. A nul autre pareil, je crois que je reconnaîtrais 1985 entre tous, que le flacon vienne de la rive droite ou de la rive gauche de la Garonne.
Tout comme Charles Ferré, personnage attachant et iconoclaste du Médoc viticole, la personnalité du propriétaire du Château Château Haut-Marbuzet, Henri Duboscq, déborde de ses bouteilles sans jamais quitter son terroir. Au moment où certains rêvent de standardiser nos papilles, ces deux-là marquent du sceaux de leur exubérance la fierté et la rigueur d'un merveilleux terroir qui voisine, excusez du peu, avec Cos d'Estournel au sud, et Château Montrose au nord.
Pour le bonheur de nos yeux, ce Château Haut-Marbuzet 1985 nous offrait un disque fondu (22 ans, déjà) digne des toitures orangées de Manosque au soleil couchant. Il est à point.
Côté cloisons nasales c'était, tout d'abord, la Gironde à marée basse. L'iode suggérait les bigorneaux (j'adore). Elle laissait peu à peu la place à des notes fraîches de réglisse, puis à celles du cèdre, et d'un l'eucalyptus presque mentholé, tellement caractéristique de Saint-Estèphe. Après une belle heure en notre compagnie,Château Haut-Marbuzet nous offrait une sensation poudrée, des notes rondes de café vert et un joli cuir de Russie. Ce vin plein s'emparait de l'espace avec beaucoup de délicatesse.
Au palais, l'onctuosité de l'attaque (dominance merlot) faisait une haie d'honneur à des tanins fondus de plaisirs. Ces derniers laissaient donc la place à des longitudes et des latitudes extrêmes agrémentées de pruneaux murs, de prunes cuites suivies par un soupçon de vanille bourbon. Un vin extrême, tout en douceur, qui a mis une heure pour pousser avec délicatesse les azimuts à leur maximum.
Comme le disait Philippe Noiret, " Tout est trop court pour ne pas voyager en première classe ".
Température extérieure : - 4°C Météo : plafond bas et quelques micros flocons Température du vin : 16.5 - 17°C à l'ouverture Verrerie : Riedel Compagnie : Amicale et familiale
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